Pandémie et santé mentale: comment aider nos ados en détresse?

Avec la campagne #PlanteUnCoeur, nous vous invitons à multiplier l’amour à travers un geste bienveillant tout en soutenant une cause qui nous concerne tous: le bien-être de nos jeunes. C’est pourquoi nous remettrons 4$ par cœur vendu à la Fondation Tel-Jeunes. Nous avons voulu faire le point sur la situation actuelle et recueillir des conseils auprès de deux expertes.

Dre Marie-Claude Geoffroy Dre Marie-Claude Geoffroy

Des chercheurs ont sonné l’alarme le 21 janvier dernier dans une lettre ouverte publiée dans La Presse. « La santé mentale de nos jeunes se détériore et leur capacité d’adaptation s’effrite, écrivaient Dre Marie-Claude Geoffroy et Dr Jean-Philippe Gouin. Ils ont besoin d’aide plus que jamais. »

« Généralement, on ne publie pas les résultats préliminaires de nos études, mais on avait envie cette fois de mettre à contribution ce que nous avions découvert… », explique au bout du fil Mme Geoffroy, psychologue et professeure de psychologie scolaire à l’Université McGill. 

Dans l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec, menée par l’Institut de la statistique du Québec, les chercheurs ont fait le constat d’une augmentation importante de la proportion des jeunes ayant des symptômes dépressifs sévères et des symptômes anxieux sévères (voir encadré). Les cosignataires de la lettre rappellent l’urgence d’investir en santé mentale « pour prendre soin des jeunes maintenant et pour leur permettre de bâtir un futur meilleur ».

tableau avec des statistiques sur la dépression et l'anxiété chez les jeunes

Hausse de contacts chez Tel-jeunes

Chez Tel-jeunes, une hausse de 25 à 30% de contacts (clavardage, textos, courriels, appels) a été observée depuis le début de la pandémie. « Les problèmes déjà présents ont été accentués par la pandémie, précise Myriam Day Asselin, coordonnatrice expertise et innovation à la Fondation Tel-Jeunes. Lorsque les écoles ont fermé, que les jeunes n’avaient plus accès aux intervenants scolaires (psychologues, TES, etc.), qu’ils n’avaient plus accès à leur réseau d’amis, plusieurs se sont tournés vers nous pour obtenir une aide en dehors de la cellule familiale. » 

 

À l’adolescence, la socialisation joue un grand rôle pour favoriser le bien-être des jeunes. « C’est une période de découvertes, de recherche identitaire, de questionnement existentiel, énonce Mme Day Asselin. Qu’est-ce que je veux faire plus tard? Suis-je à la hauteur? Ces questions habituelles ne trouvent plus toutes les réponses à travers le groupe d’amis ou les activités parascolaires. Plusieurs jeunes se trouvent alors à avoir de la difficulté à se projeter dans l’avenir… »

 Myriam Day Asselin Myriam Day Asselin

Plus anxieux

Parmi les sujets les plus souvent abordés par nos jeunes? Il y a l’anxiété sociale, les questionnements par rapport aux relations amoureuses et la sexualité, les relations avec les membres de la famille… L’école à la maison a aussi été l’une des plus grandes épreuves, souligne Mme Day Asselin: «Lorsque l’école à distance a repris en janvier dernier, on a vu beaucoup de démotivation scolaire et de déprime. Le retour en présentiel a aussi amené de l’anxiété sociale après avoir coupé tous les contacts. » 

 

Après chaque point de presse annonçant de nouvelles mesures restrictives, le nombre d’appels augmentait chez Tel-jeunes. « Pour les jeunes, ça devient difficile de garder espoir dans le contexte de pandémie, observe Mme Day Asselin. Comme adulte, nous avons déjà traversé d’autres épreuves qui nous permettent de comprendre que les choses se passent. Or, à l’adolescence, on est dans le moment présent et plus souvent dans les extrêmes… »

 

Et les parents dans tout ça? À la LigneParents, il y a eu une augmentation de 52 % des contacts depuis le début de la pandémie. « Les parents aussi vivent leurs défis, rappelle Mme Day Asselin. Ils ont eu peu de soutien, peu de réseau pour ventiler, poser des questions sur la discipline ou les règles à la maison. Ils étaient inquiets pour leurs ados qui se repliaient sur eux-mêmes ou avaient des idées noires. Avec eux, nos intervenants défrichent chaque situation pour accompagner au mieux chaque parent. »

 

La prévention avant tout

Sachant que les troubles de santé mentale se manifestent à 70 % avant 25 ans et à 50% avant 18 ans, il importe de se concentrer sur le début de la vie pour mettre en place des stratégies de prévention, avance Dre Geoffroy: « La mise en place d’un programme universelle de prévention et de littératie en santé mentale dans les écoles, un meilleur accès aux soins pour les jeunes qui souffrent, le développement de thérapies efficaces: il est important de couvrir large. » 

 

Comment aider nos jeunes?

Vos jeunes vous inquiètent? Vous ne savez plus par quel bout les prendre? Voici comment les aider, selon nos expertes:

 

  • Une écoute bienveillante. « Souvent, les adultes cherchent à trouver rapidement des solutions pour calmer nos inquiétudes, suggère Myriam Day Asselin. Or, les jeunes doivent surtout sentir qu’ils ont un espace pour ventiler, exprimer comment ils se sentent. »

 

  • Introduire des outils. « Les parents peuvent instaurer la relaxation, la méditation pleine conscience, l’activité physique ou des activités pratiquées dans la nature afin qu’ils en découvrent les bienfaits, suggère Dre Geoffroy. Ils seront alors mieux outillés pour prendre soin de leur santé mentale ».

 

  • « De quoi aurais-tu besoin?» « On ne pose pas suffisamment cette question à nos ados, tranche Mme Day Asselin. On suppose souvent comment on peut les aider. C’est pourtant une excellente façon d’ouvrir la discussion! On peut leur demander: comment rendre cette période moins difficile? Comment pourrions-nous passer au travers ensemble?, etc. »

 

  • Valider les émotions, les pensées et les comportements sans juger « Quand on l’écoute, quand on est validant, notre jeune peut s’ouvrir et être en meilleure position pour l’aider ou aller chercher de l’aide, explique Marie-Claude Geoffroy. Les parents ont un rôle important à jouer pour soutenir le jeune dans le développement d’une bonne santé mentale et pour voir les premiers indices de problèmes.

Pour en savoir plus sur l’étude en cours, cliquez ici 

Tel-Jeunes  
www.teljeunes.com 
1 800 263-2266          

Tel-jeunes a pour mission d’aider les jeunes à trouver leur place dans la société et à s’y épanouir pleinement. L’équipe prend le temps de les entendre, de les valoriser et de leur donner des informations justes dans un environnement de confiance.

LigneParents
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Spécialistes de la relation parents-enfants, les intervenants professionnels de LigneParents offrent des services gratuits et confidentiels 365 jours par année.

 


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